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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 08:15

Les prairies humides du massif allemand de la Forêt Noire abritent une multitude de papillons. Sur Freudenstadt, outre le Cuivré écarlate, une station abrite une belle population de Nacré de la sanguisorbe. Rhopalocère rarissime en Poitou-Charentes, il est assez commun sur le tiers Nord-Est de la France.

 

Première rencontre avec ce papillon, c'est ce que j'appele une coche ! Cà mérite bien une Currywurst, avec une Beck's...

 

Nacré de la sanguisorbe-copie-1

02.07.2010   Massif de la Forêt Noire - Freudenstadt - DE

 

        Même si sa ressemblance avec le Nacré de la ronce Brenthis daphne est forte, une combinaison de critères permet une identification certaine de l'espèce.

 

La première caractéristique est son milieu d'évolution. Si le Nacré de la ronce préfère les milieux calcaires secs (je l'observe régulièrement en Charente), la station occupée par son homologue est humide, riche en Sanguisorbes officinales (dans ma situation) ou d'autres plantes liées aux milieux humides, notamment la Reine-des-prés Filipendula ulmaria, la plante-hôte principale des chenilles. 

 

Les papillons ont un vol rapide, contrairement à celui du Nacré de la ronce, plus indolent.

 

Par ailleurs,  la bordure noire des ailes postérieures forme une ligne continue, où les tâches sont peu distinctes.

 

Le comportement était également différent, les individus, particulièrement véloces, ne se laissant pas approcher. Je ne pouvais pas faire de photos, au risque de littéralement piétiner la zone. Rendez-vous le lendemain matin pour les surprendre au réveil !

 

Nacré de la sanguisorbe

02.07.2010   Massif de la Forêt Noire - Freudenstadt - DE

 

        Le lendemain, 8 h 00, je suis de retour dans la station. La rosée perle les sanguisorbes et les papillons sortent doucement de leur torpeur. Voici un individu fraichement dégourdit qui profite des premiers rayons de chaleur. En équilibre sur cette campanule, il laisse apparaître le verso de ses ailes postérieures. La coloration du verso des ailes postérieure est variable d'un individu à l'autre. La totalité des imagos de la station ne présentaient pas de suffusion foncée ni de dessins noirs dominants. 

 

Un doute persiste dans le diagnostic ?  la cellule située à la base de S4 permettra de lever le voile avec certitude. Un zoom s'impose pour repérer la région concernée :

 

  détail

Zoom sur photo précédente - Verso de l'aile postérieure

02.07.2010   Massif de la Forêt Noire -  Freudenstadt - DE

 

Chez les deux sexes, la cellule pointée est jaune sans nuance brune. Le Nacré de la sanguisorbe est confirmé !

 

 

Comme indiqué précédemment, ce papillon est rarissime en région Poitou-Charentes. En Charente, une seule station était connue dans l'Est du département. En 2013, une nouvelle petite population a été découverte sur la commune de Dirac.

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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 08:46

Pas de Cuivré écarlate en Poitou-Charentes... il est à observer dans les Pyrénées et la moitié Est de la France. Il existe deux sous-espèces bien distinctes chez ce papillon : hippothoe, dont le mâle est pourpre aux reflets violets, et eurydame, présentée ici.

 

Cuivré écarlate

Freudenstadt - De   02.07.2010

 

       Cette matinée du 1er juillet commence par une prospection des prairies humides qui bordent la Forêt Noire. La Sanguisorbe officinale est en pleine floraison et suscite la convoitise du Nacré de la sanguisorbe. C'est en suivant un individu qu'un cuivré de petite envergure me coupe le chemin et se pose sur une herbe très maladroitement, preuve de son émergence récente. Quelques photos de contorsionniste pour éviter de piétiner la flore périphérique et il disparaît à tire d'aile. Je ne le reverrais plus de la journée.

 

 

Biotope Cuivré écarlate

Station de Lycaena hippotoe en Forêt Noire.  Freudenstadt - De  02.07.2010 

 

        Le lendemain, retour dans la prairie de bonne heure pour le surprendre "au réveil", en vain. C'est en suivant le torrent, où le Cincle plonguer me surveillait attentivement, que je vois un nouvel individu, plus usé et au comportement territorial marqué. C'est bien le Cuivré écarlate Lycaena hippotoe.

 

Le milieu où il évolue est une prairie hydrophile bordant le massif de pins humide de la Forêt Noire, à plus de 700 mètres d'altitude. Le Petit Collier Argenté y est le rophalocère le plus abondant. Plus rare, le Cuivré écarlate affectionne les mêmes milieux, où le sol plus ou moins exondé est riche en linaigrettes.

 

Les individus présentés ici sont de la sous-espèce nominale hippothoe La sous-espèce eurydame se caractérise par la couleur du mâle à dominance  rouge (on la trouve dans les Alpes). Les ailes, bordées de noir, ne présentent des reflets violets que sur le recto des ailes postérieures. Je n'ai pas vu de femelles.

 

Cuivré écarlate

Freudenstadt - De   02.07.2010

 

        Voici un autre individu de la même station. A noter la bande submarginale incomplète et plus colorée vers l'angle anal de l'aile postérieure et la plage orangée de l'aile antérieure. La couleur de fond est gris brunâtre, la ponctuation assez fine.

 

Cuivré écarlate

  Freudenstadt - De   02.07.2010


      Des heures durant, j'ai observé cet individu surveiller et pourchasser les papillons qui passaient à sa proximité, allant même les houspiller sur les fleurs. Entre deux repérages, il restait à l'affût, au milieu de son territoire.

Cette espèce est plus confiante que d'autres cuivrés des milieux humides, notamment le Cuivré des marais.

 

J'ai également noté sa plante-hôte dans la station : Rumex acetosella, qu'il partage avec une autre espèce, le Cuivré mauvin.

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 15:22

C'est ainsi que l'on peut résumer en quelques mots l'Epipactis à petites feuilles. La longueur de ses feuilles, jusqu'à 5 cm, fait de cette orchidée une espèce facilement reconnaissable.... Il s'agit maintenant de la trouver !

 

Epipactis à petites feuilles

          Mairé - 86  24.05.2010

 

       Cette photo, prise dans le Nord-Est de la Vienne, illustre bien le milieu où l'espèce évolue : frais, profond, ombragé, où le soleil peut faire de belles percées. Les moustiques ne m'ont d'ailleurs pas épargné !

 

Les lisières forestières et autres talus calcaires constituent des habitats idéaux pour trouver l'espèce.

 

Epipactis à petites feuilles

        Mairé - 86  08.06.2010

 

        La plante a également une pillosité abondante et surprenante, qui envahit la totalité du pied, ovaire et sépales compris.

 

Epipactis à petites feuilles

   Mairé - 86  08.06.2010

 

     Les fleurs, de couleur verte, exhalent un subtil parfum crépusculaire vanillé ou de chèvrefeuille, ce qui laisse penser que la plante est allogame (fécondation croisée en attirant les insectes vespéraux). Elle est également considérée comme autogame facultative : autofécondation de la fleur. Quels intérêts ? Eviter une "pollution" génétique, générer une colonisation avec 1 seul individu, assurer la reproduction dans le cas où les individus manqueraient. Au risque d'une dégénérescence des individus à plus ou moins long terme !

 

Considérée comme rare à très rare selon les territoires et pays limitrophes, l'Epipactis à petites feuilles doit cette rareté certainement à sa discrétion, les pieds étant bien difficile à trouver. En Poitou-Charentes, la hampe florale grandit en mai et les fleurs sépanouissent fin mai-début juin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 13:23

Jadis, les milieux humides n'avaient pas très bonne réputation. Même aujourd'hui, certains les considèrent comme vecteurs de maladies, nids à moustiques ou milieux sans intérêt, destinés à l'urbanisation ou l'agriculture. Il a fallu attendre plusieurs siècles (!) afin de reconnaître leurs nécessités : réserves hydroliques, zone tampon dans la prévention les risques d'inondations et surtout, trésors de la vie pour la biodiversité.

 

1971 est une année charnière pour la nature : la convention de Ramsar officialise l'importance des zones humides et traduit l'engagement de plusieurs dizaines de pays dans leur protection et leur valorisation à travers le monde. A ce jour, 159 pays ont ratifié la convention, dont la France depuis le 1er décembre 1986 (il a fallu attendre 15 ans... je rêve !!!).

 

(Seulement) 185.437.001 hectares de zones humides sont actuellement reconnus et protégés. Dans le monde...

 

Cuivré des marais

Puymoyen -16  28.05.2008

 

        Le Cuivré des marais est l'un des plus beaux papillons peuplant les milieux humides. L'un des plus rares aussi. J'ai découvert ce mâle en orientant mes recherches dans les prairies de fauche humides bordant les cours d'eau, en fond de vallée. Si les conditions sont réunies, les chances de l'observer sont bien réelles. Pour cela, il faut un sol humide (hygrophile à mésohygrophile), des hautes herbes et du Rumex, sa plante-hôte.

 

La surface du site dans lequel il évolue est très variable : de quelques ares (un fossé peut suffire) aux belles praires de fauche bordant lacs et rivières. C'est d'ailleurs l'une de ses forces pour subsister en colonies éparses : il n'a pas besoin de grands domaines pour assurer la substistance d'une population. Qui restera, dans la majorité des cas, bien lâche !

Autres caractéristiques aidant à sa protection : ses plantes-hôtes du genre Rumex, des Oseilles sauvages (notamment R.obtusifolius, R. conglomeratus, R. hydrolapathum, R.aquaticus) peu exigeantes et répandues, et sa capacité de dispersion, pouvant atteindre plusieurs kilomètres. De ce fait, le Cuivré des marais souffre moins de l'isolement des populations impactant d'autres papillons.

 

Malgré ces caractéristiques opportunes, les menaces sont réelles, la destruction de son habitat en étant la principale. Les oeufs peuvent également payer un lourd tribu aux intempéries automnales (froid, inondations), mais les chenilles résistent formidablement bien à l'immersion durant plusieurs semaine, voire plusieurs mois.

 

Cuivré des marais

  Puymoyen - 16  23.05.2010


        Autant la durée de vie larvaire est longue, autant l'imago ne profitera de sa condition ailée que quelques jours. Les mâles volent les premiers, suivis par les femelles. 8 à 10 jours d'existence pour une soixante d'oeufs généralement isolés sur les feuilles de Rumex, que les jeunes chenilles "limaciformes" (en forme de limace) s'empresseront de consommer, à l'abri dans le parenchyme chlorophilien.

 

Cuivré des marais

Puymoyen - 16  29.05.2010 

 

       L'observation de cette espèce est toujours un grand moment. Une émotion intense à chaque regard.

Sa rousseur presque fluorescente lui permet de se dissimuler dans les hautes herbes, surtout lorsque qu'il ferme les ailes. Le verso moins coloré se fond avec le verdoyant paysage de son milieu, pour l'instant libre d'agriculture et de pesticides.

 

Cuivré des marais-copie-1

Chambon - 16  12.08.2010


        La période de vol et l'envergure de ce mâle, visiblement inférieure à celle des imagos de mai, permettent de le considérer comme imago de deuxième génération.

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 17:32

Il faut s'approcher, encore plus près. L'Argus frêle s'observe attentivement : c'est le plus petit lycène de France, le p'tit gars considéré comme l'un de nos "petits bleus", même s'il ne présente pas de recto azur.

  Argus frêle

Plateau d'Argentine - 24    17.05.2009

 

        Sur le plateau d'Argentine en Dordogne, sa plante-hôte principale, l'Anthyllide vulnéraire Anthyllis vulneraria, est répandue. Dès le mois d'avril (jusqu'en septembre), le papillon s'observe volant à proximité de ces bouquets fleuris, prêt à se reproduire. Sa taille est le premier critère qui doit interpeler l'observateur : jusqu'à 1.2 cm d'envergure. Malgrè cela, les confusions avec d'autres espèces sont possibles, notamment avec L'Azuré de la faucille Everes alcetas.

 

L'Argus frêle présente quelque fois un point noir au dessus de l'angle anal, au recto de l'aile postérieure, comme L'Azuré de la faucille. Il faut alors porter une attention particulière sur la petite queue des Everes, manquante chez minimus. A noter aussi l'envergure (l'Azuré de la faucille est plus grand), et la proximité des Anthyllides. Quoiqu'il m'est déjà arrivé d'observer l'espèce en vol et en accouplement dans des secteurs où cette légumineuse manquait...

 

Argus frêle

Plateau d'Argentine - 24   21.06.2009

 

        Voici une femelle. Le mâle est ressemblant, avec une suffusion d'écailles bleues sur toute l'aire basale.

La coloration des papillons peut-être variable suivant leur date d'émergence. Cette femelle semble assez fraîche : on distingue parfaitement le dessus presque noir et les franges blanches.

 

Reconnue comme espèce relativement commune en France sur terrain calcaire, elle doit bénéficier de toute notre attention... Aux Pays Bas, il est déjà trop tard, elle a disparu !

 

Argus frêle

                                                      Puymoyen - 16  09.07.2010

 

 

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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 20:16

           Voici une orchidée qui laisse même les experts sur leur faim...  et leur soif de lui attribuer un nom, lui donner une identité. Parce que l'Ophrys des Olonnes n'est pas une espèce à proprement parlé, mais un "noeud botanique" ; une forme hybridogène qui s'est emmêlé l'ADN pour former une population localisée sur un territoire hyper sensible, où tourisme, urbanisation et sangliers ne lui laissent que peu de répit. Et pour combien de temps ?

 

Ophrys des Olonnes

 

Les Sables d'Olonne - 85

07.04.2010

 

      Voici l'une des nombreuses formes que l'on peut trouver dans la station.

 

L'apparence des fleurs nous amène vers ses aïeux biologiques, avec au moins 3 parents :

 

 

l'Ophrys en forme d'araignée (Ophrys arachnitiformis), en raison de ses sépales blancs rosés veinés de vert et de sa floraison précoce...

 

 

 

 

 

Ophrys des Olonnes

 

 

 

   Les Sables d'Olonne - 85

13.04.2010

 

   ... L'Ophrys araignée Ophrys aranifera en raison du contraste entre la cavité stigmatique et le labelle, qui est également bordé d'une marge jaune.

 

Sur cette photo, on remarque les gibbosités bien développées, avec une pilosité abondante.

 

 

 

 

                                     Ophrys des Olonnes

  Les Sables d'Olonne - 85

07.04.2010

 

        Troisième lien de parenté assimilé à l'Ophrys de la Passion Ophrys passionis pour la couleur de fond très sombre du labelle.

Les pétales sont grands, à bord ondulé.

 

 

Certaines fleurs, comme celle-ci, n'ont pas de gibbosités.

 

 

 

 

 

Ophrys des Olonnes

Les Sables d'Olonne - 85

13.04.2010

 

 

       Il existe deux formes distinctes sur la même station : les fleurs au périanthe (ensemble pétales - sépales) blanc et celles au périanthe vert. Leur pollinisateur est le même : Andrena thoracica, qui visite également l'Ophrys araignée Ophrys aranifera.

 

Deux couleurs donc deux espèces différentes ? Probablement pas. Même si les teintes des pieds varient, ils gardent tous des similitudes, tant dans leur écologie que dans leur phénologie : même habitat dunaire à quelques dizaines de mètres de l'océan ; même période de floraison, à partir de février, voire fin janvier.

 

Par ailleurs, il a été démontré que les pieds gardaient leur précocité de floraison hors de la station, ce qui prouve que l'épanouissement des fleurs n'est pas influencé par un micro-climat. Elles sont génétiquement programmées pour fleurir en début d'année.

La période de floraison constitue pourtant un critère important dans l'identification, et donc la classification des orchidées.

 

Quoiqu'il en soit, ces plantes divisent les spécialistes, certains les considérant comme un écotype, c'est à dire une population d'une espèce donnée ayant développé des caractéristiques liées à son milieu et son isolation géographique (soit, mais alors de quelle espèce s'agit-il ?). D'autres envisagent de classer l'Ophrys des Olonnes comme nouvelle espèce, ce qui pourrait prendre plusieurs années de débats scientifiques.

 

Attendre... alors que la menace de la destruction de son milieu est, elle, bien réelle : promeneurs de tout poil, promoteurs qui doivent certainement lorgner sur la dune grise... et quelques bouquets qui faneront sur la table.

 

Menace dune

Urbanisation raisonnée ?

Les Sables d'Olonne - 85  13.04.2010

 

 

         L'une des menaces de la station d'Ophrys des Olonnes...

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 13:04

Plusieurs orchidées doivent leur nom aux fêtes célébrées durant leur période de floraison, comme l'Ophrys des lupercales.

Il en est de même pour l'Ophrys de la Passion, dont l'apparition des fleurs coïncide avec la semaine de la Passion, c'est à dire Pâques.

 

 

O. de la Passion

   La Belle Henriette - 85

03.05.2008

 

 

      L'identification de cette espèce n'est pas difficile, si tous les critères sont réunis.

 

1) Les sépales verts à vert clair et les pétales verts, roses ou pourpres,

 

2) Le labelle, qui a une couleur générale très sombre, où l'on perçoit une coloration rouge brique typique,

 

3) Le champ basal de même couleur que le labelle,

 

4) Les gibbosités absentes ou très réduites,

 

5) Sa période de floraison, de fin mars à mai.

 

 

Malgrè cela, l'Ophrys de la Passion est une espèce qui est passée inaperçue durant des décennies, en raison de sa confusion avec l'Ophrys araignée. Sa réhabilitation a été faite au début des années 90.

 

 

Ophrys de la Passion                                                      La Belle Henriette - 85    03.05.2008

 

 

          Depuis son authentification, l'espèce est observée sur la côte atlantique, du Morbihan à la Gironde ; de la région Midi Pyrénées au pontour méditerranéen. Ses milieux sont diversifiés : arrières-dunes, pelouses sèches, garrigues.

 

 

                                 La Dive - 85  06/07.04.2010

Op de la Passion

  Ophrys de la Passion

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 06:12

Mais pourquoi le Point-de-Hongrie ? Pourquoi un tel nom pour ce papillon ?

Une identité étonnante pour un insecte abondant à travers l'Europe et plus loin encore : du sud de l'Espagne à la Scandinavie ; sur une chapka ou un chapeau chinois.

 

 

Point-de-Hongrie

  La  Fontaine - Juignac  - 16  10.04.2010

 

        Le Point-de-Hongrie est une hespérie abondante et facile à identifier. Par sa période d'émergence (c'est l'une des premières hespérie volant dès la fin mars sur le pontour méditerranéen), les bandes grises qui contrastent avec la couleur de fond brun sombre et la série de petits points blancs en marge des ailes antérieures et postérieures, sur les deux faces.

 

On retrouve l'espèce en milieu sec (coteau calcaire, pelouse, jachère) ou croissent ses plantes-hôtes : Coronille bigarrée Coronilla varia, Lotier corniculé Lotus corniculatus, Fer-à-cheval Hippocrepis comosa. L'abondance de ses plantes expliquent notamment la profusion de ce papillon.

 

 

Point-de-Hongrie

  La  Fontaine - Juignac  - 16  10.04.2010

 

        J'ai joué de beaucoup de patience pour réaliser ces clichés. Fraîchement émergés que déjà, les individus observés enchainaient poursuites rapides et défense de territoire entre deux rafales de vent.

 

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 08:57

 


             L'Ophrys araignée est l'une des orchidées les plus répandues en France. Peu exigeant, il est  présent  dans les bois clairs, les pelouses mésophiles jusqu'aux milieux incultes, toujours sur calcaire.




Ophrys araignée1Fief Bodin  - 85
27.04.2008



         Cette espèce ressemble à l'Ophrys petite araignée par son apparence et  la bordure jaune du labelle.
Elle s'en diffère par sa date de floraison plus tardive, ses fleurs proportionnellement plus grande, avec un labelle plus long (9 à 14 mm). Ses deux pétales ont des bords sombres et sinueux.

La macule, cette tache de forme particulière sur le labelle, peut être de forme différente, en "X" comme pour cet individu, ou en "H".

On ne s'aperçoit pas de la complexité de la plante pour attirer l'insecte nécessaire à la fécondation. Et pourtant ! Quelques détails s'imposent :

on appelle les boursouflures, bien visibles sur le labelle, des gibbosités. Elles sont recouvertes de poils et diffusent une odeur semblable aux phéromones exhalées par des hyménoptères (guêpes, abeilles...) femelles durant la réproduction.
L'insecte mâle, attiré par cette odeur sexuelle, se pose sur le labelle, les gibbosités et la pilosité donnant corps à cette fausse femelle.

Lorsque que le mâle tente de s'accoupler (la pseudo-copulation), il percute (par la tête ou l'extrémité de son abdomen) les sacs à pollen qui se collent à lui. Ainsi, il repartira chargé du précieux pactage qu'il déposera sur une autre fleur, grace au même principe.

Des vidéos sont également disponibles ! (en bas de la page de ce lien).
Ophrys araignée 2








Vindelle - 16
27.04.2009

 

          Les fleurs d'une même espèce  peuvent être très diverses. Noter la macule de celle-ci : pas de "X" mais  simplement  deux traits parallèles.

Sinon, même couleur des pétales, des sépales, dimensions du labelle, présence de gibbosités.













Oprhys araignée 3 




Ruelle-sur-Touvre - 16
26.03.2010



         Certains pieds sont précoces.

J'ai observé celui-ci, dont un fleuron est déjà bien épanoui, alors que certaines Petites araignées étaient encore en boutons.












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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 07:13
Ophrys des lupercales1Montmoreau Saint-Cybard - 16
16.03.2009 



         Le département de la Charente abrite les deux seules stations picto-charentaise d'Ophrys des lupercales, une orchidée à répartition méditerranéenne. La saison orchido peut alors commencer dès fin février, période à laquelle les premières fleurs s'épanouissent si les températures sont clémentes.



Le nom de cet ophrys lui a été attribué en raison de cette floraison hivernale (c'est l'une des premières orchidées de l'année en France). Les lupercales étaient des fêtes annuelles célébrées du 13 au 15 février à Rome, pour honorer le dieu protecteur des troupeaux : Faunus lupercus, assurant fécondité et défense contre les loups. Un bouc, symbole de fécondité, était sacrifié pour l'occasion. Cette fête païenne sera remplacée en 494 par la Saint-Valentin.









Ophrys des lupercales Montmoreau Saint-Cybard - 16
29.03.2010



     L'Ophrys des lupercales fait parti des trois ophrys bruns recensés en Poitou-Charentes, avec l'Ophrys sillonné et l'Ophrys de Gascogne.

Sa tige, d'une vingtaine de centimètres, porte en moyenne 4 fleurs au labelle grand et allongé.
La macule est formée de deux lunules, roses rougâtres aux bords diffus, plus ou moins soudées.


Je ne connais pas exactement le nombre de pieds dans cette station, qui varie selon les années et les conditions climatiques.

La floraison diffère également d'une année à l'autre. Ainsi, en 2008, j'ai observé les premières fleurs un 17 mars ; en 2009, le 16 mars, et en 2010, le 22 mars. Les températures très rigoureuses ont décalé la floraison d'une semaine.


A noter qu'il n'y avait aucune fleur ouverte le 18 mars... la floraison a donc démarré en 4 jours (!).







 

Ophrys des lupercales 

Montmoreau Saint-Cybard - 16
29.03.2010

 

 

   Parmi les pollinisateurs des ophrys autofécondes, comme l'Ophrys abeille, les escargots font partis des originaux qui participent à leur reproduction. En consommant les pollinies, l'escargot détachent des grains de pollen qui tombent sur le stigmate. La fécondation est ainsi faite.

 

Néanmoins, dans la situation présente, il n'y a probablement pas d'autopollinisation, l'Ophrys des lupercales étant une espèce allogame (se reproduisant par pollinisation croisée).

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