Ouvrez l'oeil naturaliste ! Hirondelles, Coucou gris, Huppe fasciée ?? Oui !!! c'est le printemps !
Outre l'Ophrys des Olonnes, le Poitou-Charentes compte une autre orchidée qui ne pousse que dans la région et nulle part ailleurs. L'Ophrys du Massif d'Argenson se localise en Charente, Charente maritime, Vienne et Deux-Sèvres, sur sol calcaire, sec, le long des routes. D'abord considéré comme une sous-espèce de l'Ophrys araignée, sa phénologie et ses différences morphologiques en font une espèce à part entière.
Le commune du Douhet, en Charente maritime, révèle quelques stations idéales pour une prospection méticuleuse. Alors que d'autres ophrys tirent leur révérance d'une saison qui s'achève en des milliers de graines disséminées au gré des vents, une tardive s'ouvre discrètement aux derniers soleils de juin.
Le Douhet -
17 19.06.2010
La ressemblance avec ses cousines "araignées" est sensible, mais l'Ophrys du massif d'Argenson se différencie d'abord et surtout par sa floraison particulièrement tardive, jusqu'à 2 mois après ses consoeurs. Un autre détail marqué : la bande verdâtre des pseudos-yeux et les dimensions des fleurs, assez petites et donc, proches de l'Ophrys petite araignée.
Notre orchidée endémique n'a pas de marge jaune ni de gibbosités (ou sinon très faibles), sa macule est simple, en forme de H ou de X.
Le jizz est également efficace. La plante étonne au premier coup d'oeil par la fraîcheur de ses fleurs alors que les araignées sont très avancées, voire fanées.

Le Douhet - 17 19.06.2010
Comme tous les Ophrys, notre régionale présente des macules variables.
La plante peut atteindre 30 cm de hauteur. Les pétales sont larges (2.5 à 4.5 mm), le labelle brun rougeâtre, petit (7 à 10 mm).
Noter que ce pied, comme tous ceux que j'ai observé ce jour, possède des boutons qui ne sont pas encore épanouis.
Le statut rarissime et extrèmement localisé de cette plante, dû à son endémisme, pourrait justifier sa protection totale. Et pourtant ! l'Ophrys du massif d'Argenson ne bénéficie d'aucun classement particulier. Même si ces effectifs relativement faibles sont reconnus, la plante peut-être cueillie sans vergogne.
Il est étonnant, même sidérant, que cette orchidée si attractive à l'oeil ne bénéficie d'aucune protection nationale, européenne, même mondiale ! alors que l'on sait que quelques années suffisent pour éradiquer une espèce endémique. Qu'importe la situation géographique, une epèce endémique devrait bénéficier d'une protection totale compte-tenu de la fragilité, et généralement, des exigeances de l'espèce.
Le Douhet - 17 19.06.2010